racines perdues

A la recherche des racines perdues ... On connaissait la femme tronc , la femme enfant ou tête de linotte … Imaginez un arbre ..sans racines . Première saison , il fleurit ; deuxième il bourgeonne et s’épuise ; troisième il se dessèche et c’est fini . Je suis à l’automne de ma vie et je refuse de finir comme lui . Stop …écoute les sens des mots et des émotions que te dictent ta raison et ton corps et laisse toi conduire à bon port … changement de vie , changement de décors .

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi, mai 23 2008

une page lourde à tourner

Introspection …amputée d’une partie de moi, je marche à « clopinons ». Habituellement avant de quitter un lieu , je range , une façon de rendre accueillant le retour , ou clore un moment . Cette fois, j’ai tout abandonné . Je n’ai pas anticipé , je suis partie sur trois points de suspension … la pire des situations . Je suis partie avant d’être quittée , selon un bon vieux procédé éculé . Une lettre, surtout si elle doit rester sans réponse , ne balaiera pas incompréhensions , déceptions et regrets . J’espère que Georges m’aidera à retrouver bon sens et lucidité . Son psy . est la dernière personne à qui l’on devrait s’attacher . Parce c’est la seule personne, dont on est sur qu’un jour on devra faire le choix de se séparer . Même prêt ou se sentir prêt , ne suffit pas à franchir le cap d’un pas léger . Introspection … Mal de tête, nez bouché et fatigue inhérente … rhume prétexte au flottement , et à l’abandon dans l’embrumé . Bonne raison , pour ne pas en chercher une autre, aux larmes qui coulent toutes seules et à la goutte au nez . Goûter au silence et laisser les pensées se reposer , les émotions se calmer . Prendre le temps de se rassembler, avant de redémarrer …Ce week - end , j’ai prévu un retour aux sources , aux valeurs négligées , la famille, la nature et tous les petits moments privilégiés abandonnés au profit des fausses excuses et mauvaises priorités . Tiens demain on se fait un ciné , un bon dessert pour le gouter et dans la lancée la préparation d’une confiture à la rhubarbe dont je détiens le secret d’une rare excellence ...hamac , rêverie et repos pas volé .

mercredi, mai 21 2008

Freud à quelque chose prêt...

Cet après midi , j’ai rendez vous à 15 heures avec Georges et me voilà dans le même état que si j’avais un oral à passer . La tête vide , pire encore , vertiges et migraine ! Boule dans la gorge , l’angoisse au ventre . Cet après midi, je profite également de la sortie, pour poster la lettre écrite à l’intention de ma psy, par laquelle je lui annonce que nous en avons terminé . Deux démarches difficiles , dont j’aurais préféré me passer . Aujourd’hui ma mère me manque comme par hasard , le chagrin réactivé par cette rupture inopinée, avec celle qui l’avait insidieusement remplacé quelque part dans mes pensées . Cette fois , je suis vraiment seule à la croisée des chemins, avec un choix, qui a moi seule revient . Première grande décision pour franchir une autre étape. En d’autres temps , j’aurais choisi la facilité , en renonçant face à la difficulté . Je me serais dit , trop dur, hors de portée et me serait vite consolée . J’aurais fuit également, avant de m’essayer ailleurs pour accélérer l’oubli … 14 heures cette fois j’y vais … J’avais dit que tout comptait, c’est vrai. Y compris le chien prêt à vous dévorer là de l’autre coté de la grille qu’il vous faut longer avant d’atteindre la porte d’entrée . Tout est vieux et fané , le canapé défoncé , le tapis élimé …même pas le temps de s’interroger sur l’envie de fuir ou de rester , une porte s’ouvre, puis une autre , double porte , tout y est .Si j’en doutais encore , me voilà rassurée sur l’activité qui s’exerce entre ces murs et l’authenticité de la fonction du maître des lieux . En fait c’est comme ça que j’imaginais l’antre de Freud et Freud lui même à quelques choses prêt … Le face à face dans l’éloignement , la diagonale de la pièce exactement . Les mots qui viennent naturellement et une voix qui répond ce qu’il faut… au bon moment … Le divan ,d’une autre époque, avec l’auréole à l’emplacement de la tête , marque sur cuir du bouillonnement … une heure à ne pas avoir vu passer le temps , à évacuer pêle-mêle l’encombrement . Cadeau , cette première séance et rendez vous pour un second bout d’essai, pour être bien sure avant de commencer . Sourire et pourtant boule et gorge serrée… et ma lettre quand va-t-elle arriver ?

jeudi, mai 15 2008

fin du blocus ?...si seulement

Je suis … « nerfs à fleur de peau » , en manque de sommeil probablement . Si je n’ai pas mon compte de dodo , c’est à dire 9 heures minimum de repos consécutif , je suis hors tempo et de couacs en fausses notes , je perds les ¾ de mes moyens et m’égare dans le crescendo . Et là , il commence a y en avoir trop …

La goutte d’eau …un coup de téléphone de ma psy. ce matin qui m’annonce , « je n’ve…, je ne peux pas vous recevoir demain . Je vous dis à vendredi prochain à la même heure … » ben tiens .

Aussitôt raccroché, j’ai senti la colère me monter au nez . L'Art et la manière de se débiner … la meilleure façon d’échapper à ses responsabilités ! …même pas une explication , un mot d’excuse , la proposition d’une autre solution ! juste un "démerde toi " … si c’est pas la confirmation d’un changement de situation ça . La preuve qu’il ne s’agit plus d’une banale situation d’analyse mais d’un vrai problème de relation à un autre niveau …

A moins que je ne devienne parano, je trouve cette attitude pour le moins pas très …pro !

...« Ne reste pas sur ce coup de fil , prends RV avec un autre psy …et puis tu sais le zazard !… » ma topine ‘Joe est toujours de bons conseils et nous partageons le sentiment qu’il existe toujours une contre partie au fortuit ...

Cette fois c’est fait !

Pfffffff... les hésitations entre ici ou ailleurs , celui ci ou un autre , quel jour , quelle heure , pour le pire ou le meilleur …

J’ai pris rendez vous avec...Georges, mardi 20 mai à 15 heures .

« …et n'y va pas la queue entre les jambes mais forte de tes 3 années d'analyse et de ton acquis ! … » dixit ma topine'joe ...Voilà qui est bien dit et digne d’une psy … :- )

Ce n'est que soulagement , un nouveau pas en avant , après le blocus forcé de ces derniers temps ...

mardi, mai 13 2008

le premier rendez-vous

J’avais oublié les effets du premier rendez-vous. La fébrilité à s’emparer du téléphone et à attendre le son de la voix qui va répondre . Très important le timbre de la voix , déclencheur immédiat de la première intuition concernant le déroulement de la prochaine étape . En fait peu importe la voix, telle qu’elle soit on se met immédiatement à fantasmer, elle ou il à l’air sympa, c’est rassurant … le rendez-vous est proche, preuve qu’elle ou il me porte de l’intérêt … plus loin que je l’imaginais ? preuve, qu’elle ou il est vraiment surbooké, sans doute un crack …je suis bien tombée !… Quarante minutes de route , le temps de ruminer …quand je serai installée, j’éviterai ce tracas à tous ceux qui doivent faire des kilomètres pour atteindre l’une des deux villes moyennes les plus proches… On arrive souvent en avance la première fois , de peur d’arriver en retard, de trouver porte close , oui de faire mauvaise impression dès le départ . Le temps de trouver une place pour se garer, de trouver l’adresse …bref une demi heure à occuper… ne reste plus qu’à tourner dans le quartier histoire de calmer la tension qui monte . Pourquoi autant de stress, va pourtant pas me manger ? Tout a de l’importance , le look ou standing du bâtiment d’accueil , la porte qui sépare de l’antre et la façon dont elle va s’ouvrir et vous inviter à la découvrir , et là très vite déco, ambiance , odeurs, luminosité, le cœur qui s’emballe , trop tard pour reculer ...Déçue ou soulagée , l’alchimie en ébullition ou impression mitigée , tout risque de se jouer , là en quelques minutes dans l’échange d’un regard , d’un sourire, d’un mot , d’une impression , d’un apaisement , d’une tension …Etape suivante , j’y retourne où pas ?

…Et pendant que j’y suis , si je le prenais ce rendez vous avec mon nouveau psy ?…flutte, perdu son numéro …

dimanche, mai 11 2008

contre-transfert ...

Je savais que cela arriverait , mais je ne savais pas quand, ni comment , nos chemins allaient se séparer . Sans doute espérais-je même, que cela ne se fit jamais … Que la relation mue en un lien de proximité, quelle dévie de son but premier , en évoluant vers une forme de tendresse-amitié . Dans le fond, je sais que je n’y ai jamais cru . Ce qui arrive devait arriver, presque comme une preuve d’évolution normale, de bonne santé mentale, une formidable avancée sur le chemin de la fameuse libre pensée. Je me suis fourvoyée, ce n’est pas mon rêve qui s’est écroulé , c’est mon illusion de l’Autre qui est devenue réalité … C’est étrange de réaliser ,que la personne que vous avez placé au dessus de vous, en détentrice du savoir , ne détient pas la vérité que vous attendiez d’elle , cette vérité qu’il revient à chacun d’inventer . C’est étrange de réaliser ,qu’en cessant d’attendre cette réponse, on touche enfin au plus proche de soi dans la singularité et à tous les moyens de devenir acteur de sa vie … Il fallait trouver un moyen de nous libérer de l’engrenage, de cet énorme transfert dans lequel je nous avais enlisé , nos deux inconscients ce sont chargés du reste … C’est étrange , d’apprécier la lucidité de l’inconscient ,dans le choix du procédé et du moment , pour imposer sa réalité …

A peine le choc encaissé, à peine retombée sur terre, je réalise que je n’ai plus de psy…



Que « celle qui savait »… à mes yeux , a disparu . A la place , une confrontation ,un face à face tendu dans une partie perdue d’avance , entre deux forces à égalité . Pour le moment je suis bloquée dans mon analyse et j’envisage sérieusement de chercher auprès d’un autre analyste des réponses aux pourquoi et comment de cette étrange situation . Je ne suis probablement pas encore prête à m’installer, prétexte sans doute que cette affirmation, pour provoquer la confrontation et amener les vraies questions . Ne serais je pas plutôt prête à passer à autre chose ? …à poursuivre différemment ma route, dans une direction qu’il me resterait à trouver ?

mardi, mai 6 2008

les mots

Insomnies ,vertiges, migraines , nausées ,le moral en baisse…pas difficile de dater les premiers symptômes . Quand le corps prend le relais pour exprimer ce que la conscience refuse d’entendre , mieux vaut ne pas insister … Super- wooman aussi peut s’écrouler ! j’ai perdu la foi ou alors c’est elle qui m’a quitté . J’ai cessé de croire que mon rêve était prêt à s’accomplir. J’ai fait le compte des années et j’ai réalisé l’incompatibilité avec « le long, très long… » , cette forme de matérialisation impossible entre les points de départ et d’arrivée . Je trouve incroyable la force, de l’accomplissement des mots … entre ceux qui galvanisent la volonté de soulever des montagnes et ceux qui pulvérisent à l’impact et réduisent à néant . Trop mal à la tête aujourd’hui pour continuer à penser tout haut , me sens un peu en miettes , énergie latitude zéro , m’étonnerait pourtant avoir dit mon dernier mot …

Il en est...



De mots hideux



Qui vous transpercent le cœur… comme un pieu

Des mots tueurs… à la précision de torpilleurs

Des mots menteurs... aux méthodes de voleur



Des mots crachés

Arrachés

Violés



Mots de trop et... de trop peu



Qui vous abandonnent au manque de mieux



Et ces autres en trop, qui sonnent creux…



Débités à la queue leu-leu



Mots verrouillés



Gâchés



Jetés



Les bons mots…



Les mots tendres... et réconfortants



Mots malheureux… De maux... A mots bleus…

lundi, mai 5 2008

le rêve

Cette nuit j’ai tué tous ceux qui me pourchassaient , avec énormément de facilité . Je les extirpais un à un de leur sommeil et les attirais vers la fenêtre ouverte par laquelle ils se jetaient . Et cela sans éprouver ni culpabilité , ni soulagement particulier. Comme s’il s’était agi de quelque chose d’aussi normal que de respirer, ou d’écoper le fond d’une barque qui prend l’eau et menace de couler , bref un réflexe de vie . Je n’ai identifié personne en particulier , sauf que tous étaient des hommes et que tous avaient pour mission de me supprimer .

J’ai horreur des situations conflictuelles , d’ailleurs à ce jeu je ne gagne jamais . Je bataille et finis par céder , de guerre lasse souvent épuisée, de me contenir ou de me lâcher . En ce moment je ne fais que concéder , avancer et reculer , chercher le biais, le moyen d’abattre l’obstacle ou de le contourner . Mon fils et sa puberté , l’esprit rebelle , avide de reconnaissance et de liberté …mon père et son age avancé, caractère bien trempé , convaincu dans sa logique que rien ne peut plus lui résister … mes deux jeunes protégées arque boutées dans leur refus d’accepter l’aide qui leur permettrait d’avancer, ma position d’écartelée, entre les discours et visions opposées des deux psys auxquelles je me réfère pour essayer de me construire une libre pensée …

Je suis lasse dans la journée et la nuit je profite d’un rêve pour évacuer la tension et me permettre de réfléchir aux moyens d’alléger la situation !

…comme par exemple, admettre que le comportement de son rejeton de 16 ans ne justifie pas que l’on soit toujours sur ses talons , ni que chaque mot fasse l’objet d’une discussion , signifier à son père , que l’on préfère son coup de téléphone quotidien le matin au lieu du soir , parce que le matin est le moment de la journée ou l’on est plus enclin à lui accorder l’écoute et l’attention , dont il se plaint que vous le privez , quand il s’invite au milieu de votre repas ou de vos activités de fin de journée … reconnaitre à ses petites protégées le droit de disposer de leur vie sans tenir compte de vos conseils , en toute liberté et se recentrer sur ce qui parait être l’incontournable dans l’essentiel, entretenir sa lucidité pour continuer à évoluer dans la construction de sa libre pensée …

samedi, mai 3 2008

La planète psy.

La psychanalyse fait peur . Elle s’appuie sur des notions de perceptions , elle n’est pas une science exacte , elle est intuition .

Définie par Freud lui même comme une « science de la nature » en raison de l’importance de l’expérimentation, en réponse, à la « science de l’esprit » qui se caractérise par la description , elle est vivante et sans cesse en évolution . Sa créativité repose sur la capacité du mouvement , l’émergence du recelé par l’inconscient et son interprétation .

La psychanalyse ne guérit pas . Son but ultime est d’aboutir à «la récupération de ses facultés d'agir et de jouir de l'existence» …cette liberté d'être au plus proche de soi dans la singularité .

Dès lors, la psychanalyse ne se réduit pas seulement à une psychothérapie, ni l'analysant à un malade.

La psychanalyse effraie , par sa rationalité ; le psychanalyste par son appartenance à cette conception à part , la représentation de maître magicien, détenteur du « truquage » …

...Une femme ou un homme , qui a traversé les tempêtes et bravé les orages ,qui s’est imprégné du contenu de chaque message et connaît bien les méandres qui conduisent à l’autre rivage , avant de s’autoriser au rôle … accompagnateur de voyage .

vendredi, mai 2 2008

Vieux schémas de répétitions ...

Je m’attendais ou peut être pas, à rencontrer des obstacles et à me heurter à des difficultés, sur le chemin que je viens d’emprunter . La séance de vendredi dernier a été plus qu’édifiante à ce sujet . je suis arrivée tout sourire déployé , avec la ferme intention de faire entendre ma résolution de …m’installer . Et là, je me heurte , plus qu’à un rocher, à une montagne de résistance , le déploiement maximum d’une volonté opposée !…je l’attendais tellement , ( une semaine K.O …tout de même avant de le réaliser…) qu’il me semble être certaine aujourd’hui, de l’avoir inconsciemment provoqué , cet affrontement de plein fouet, pour ne pas céder à la tentation de la facilité et peut- être passer à coté ,de ce but que je me suis fixée. J’avais besoin de cette confrontation avec les vieux schémas de répétitions , comme point de comparaison , pour constater l’évolution . De part le passé, j’ai été un peu journaliste, photographe, sculpteur, écrivain , avec plus ou moins de succès .Avec surtout en résonance , l’impitoyable appréciation de « bonne à rien » . Vous savez ces petits commentaires accolés à votre nom comme un paraphe, qui vous suivent ou vous précédent, c’est selon, tout au long de votre scolarité , jusqu'à vous imprégner et devenir composant de votre personnalité . Comment justifier et surtout se dédouaner de toutes responsabilités, sur les échecs répétés dans l’apprentissage scolaires d’un enfant , autrement qu’en évoquant son manque de capacités ? … J’ai grandi , et commencé dans la vie avec cette certitude d’en avoir déjà fini , condamnée à être « limitée » et là j’ai parfaitement réussi ! j’aurais sans doute pu faire une carrière de journaliste, photographe , sculpteur , ou écrivain , si je n’avais pas craint de me trouver confrontée à cette souffrance, de ne pas être à la hauteur de mes rêves , ambitions , désirs inavouables et inavoués . Au lieu de cela , j’ai appris à maitriser l’art de l’évitement et de la fuite , la technique éprouvée sans risque, de la touche à tout assez douée qui se consume en feu follet … Et voilà que j’allais recommencer , sous un prétexte fallacieux, à me passer à coté , me rater et me couler … j’ai pris le risque , j’ai plongé , parce que je savais que je ne risquais pas de me noyer , que j’avais sans doute fait les trois quart de la traversée et que pour le reste , j’avais un guide sur qui compter …

jeudi, mai 1 2008

1er mai le jour du muguet

Y’a des jours comme ça …une odeur de muguet, les yeux et le nez qui se mettent à piquer .

Un rayon de soleil , entre averses et nuées ; deux nuits sans sommeil ; l’envie de paresser ;de perdre la liste, de tout ce qui s’ajoute à ce qui devrait être fait et d’écouter ce besoin d’une pause, de se laisser aller … de la vie en rose… au violet , le mot qui indispose qui donne la nausée . Une odeur de muguet qui enivre, un petit air de fête, en attendant l’été . ...Dans chacune de nos deux têtes, tournent les mêmes pensées, un sentiment de guerre perdue, en pleine saison des blés .Isolés , chacun de notre coté, incapable de ne faire qu’un , pour partager la peine et l’alléger. Toujours éloignés de cette distance qui continue à me peser. Qui me rappelle le vide de l’enfant que j’étais à chercher ailleurs cet amour mal donné. A y perdre mon enfance , en innocence volée , violée, le mot lourd à trainer, à chaque pas collé .

Il pleut , le jour du 1er mai …

jeudi, avril 24 2008

Premier soleil...

Coté cour , coté jardin…d’un coté l’espace activité , de l’autre le havre de paix et détente des beaux jours . Premier Soleil et fébrilité de changement de saison , réveil et étirements dans la hâte et l’agitation . Premières constatations …l’envahissement de la végétation , l’anarchie dans la prolifération , l’instinct de vie en explosion ! Il va falloir tondre l’herbe qui a repris son ascension , désherber les parterres pour autoriser la floraison , bêcher la terre et s’adonner aux plantations . Quelques pieds de fraises pour la gourmandise , de tomates pour les mélanges de saveur et de fraicheur, un peu de persil pour la couleur, quelques radis pour le grignotage à toute heure … Lessiver à grande eau , la terrasse extérieure , la préparer pour les repas du soir ,à la fraicheur , installer le hamac …pour le repos du rêveur . Dans un assortiment d’arômes , les arbres fruitiers explosent en bouquets de fleurs , le lilas embaume avec lourdeur , les colza alentour effluvent quelques aigreurs . L’horizon aquarelle travaille les nuances , passe du délavé au pigment dans l’abondance . Le silence se meurt, parasité par une éclosion de vitalité et de bonne humeur . Du plus infime au plus dévastateur , à sa mesure , chaque mouvement produit des sons d’agitateurs , du vol d’une abeille, au moteur du tracteur . La tête qui tourne un peu, et comme une difficulté à s’adapter au changement de rythme ,au changement d’heure ; passer du gris à la couleur ; du geste lent , à la vitesse supérieure . Un petit air de Printemps qui arrive juste à temps !…

le hasard

« Ta mère d’où elle est , ne doit pas être étonnée , elle me disait que tu as ce don de l’écoute , du mot juste et de l’analyse en toute circonstance et moi non plus tu vois ça ne m’étonne pas ! la psychologie t’a toujours intéressé , alors je ne peux que te féliciter et t’encourager , suis ta voie … » ...ma tatie adorée .

Je n’avais jamais supposé que ma mère ait pu penser cela de moi , qu’elle m’ait reconnu la moindre qualité , moi qui ai passé autant de temps à attendre un compliment de sa part et espérer lire une once de fierté dans son regard . Et dire que tout cela arrive maintenant , au moment où ça n’a plus la même d’importance , le moment, ou ce choix qui est le mien , je ne le fais que pour moi. La vie est drôlement faite, de choisir ainsi ces moments, d’être avec ou contre vous , douce ou turbulente . C’est Romain Rolland qui a dit que « le hasard sait toujours trouver ceux qui savent s’en servir », personnellement , je pense qu’il faut s’être posée , pour retenir l’attention du hasard et nous permettre de le reconnaître avant de le saisir , tout un processus bien ordonné … Plein de hasards cette année m’ont ouvert les bras et me conduisent pas à pas vers mon ailleurs . La somme du vécu ajouté de toutes ces années passées , transformée en destinée …

Alors merci à tous, ceux qui êtes , ou avez été et demeurez, à qui je dois d’être celle ,vers laquelle je vais !

mardi, avril 22 2008

Pum'

Elle ne me hante plus, elle m' habite . Haute comme trois pommes, et légère comme une plume , rieuse , pipelette et pipelette … Pum’ est là dans ma tête . Je l’ai rejeté , ignoré , détesté avant de la réhabiliter ,en commençant par accéder à la lucidité, avant de finir par accepter la réalité . Pum’ ne méritait pas ce qui lui est arrivé. Aucun enfant ne mérite d’être détourné de sa destinée pour devenir otage ou jouet , en étant manipulé par plus fort que lui , par détenteur de l’autorité . Aucun enfant ne mérite d’être abusé . Après, tout dépend de ce que l’on met en œuvre pour continuer à avancer et ce que l’on en fait … Personnellement, j’ai refusé la confrontation avec l’inextricable et l’absurdité , j’ai opté pour l’univers protégé du monde inventé , la bulle du rêve , de l’évasion , le « marcher à coté »… Je n’ai pas le souvenir d’avoir été malheureuse , ni mal traitée ; cette notion m’est apparue bien après, comme de vieux restes encombrants , une sorte de rejets , de boulet à trainer , quand la bulle a éclaté et qu’il a fallu composer avec une autre forme de vérité . Depuis, à force d'acharnement , je me suis recomposée , mais je n’ai pas oublié, ce par quoi il faut passer . Je le retrouve dans les témoignages de celles et ceux , que j’essaie d’aider , dans l’expression de leur peurs , colères et phases de découragement … le sentiment de ne pas pouvoir y arriver , le bouleversement qui fait que l’on se sent impuissant et dépassé . Mon écoute est là pour les rassurer et ma confiance en leur capacité à vaincre ,là, pour les accompagner sur les chemins qu’ils vont empreinter vers eux, jusqu'à se trouver . La force de la foi, loin du religieux, juste en l’énergie de l’être humain et ses capacités à rebondir et se projeter .

lundi, avril 21 2008

psy...et psy...

L'art de la psychanalyse serait-il en danger ? A l'origine , l'amalgame entre psy et psy, …analystes et...thérapeutes , entre celui qui s'autorise après une solide auto-analyse et la reconnaissance de ses pairs et celui qui s'auto-proclame sans plus d'expertise au retour d'un week end de développement personnel . Un jour prochain , jetés dans le même panier au détour d'un décret , psys et psys se fondront dans une même unité ou plus rien ne permettra de distinguer les différents modes de pratique et de pensée et ce, au détriment du traitement de la souffrance psychique et de la liberté de chacun...

dimanche, avril 20 2008

derrière chez moi, y'a un noyer ...

En l’espace d’un an ma vie a changé . Passé, présent , amis, projets. Comme un arbre… le temps de trouver sa terre et son ciel avant de démarrer . Derrière chez moi, croit un phénomène , un noyer qui s’est offert le luxe de démarrer d’une noix, d’une coque germée . Petit ,chétif, à végéter pendant des années, à se faire dépasser par tous les copains arbres fruitiers , à se faire oublier et moquer , jusqu’à se voir menacé d’être supprimé … c’est alors qu’un printemps, il nous a semblé deviner quelque chose de changé, là, au milieu de la pelouse entre le boulot et le pêcher . Un arbre était né, fier et vigoureux et abordait la belle saison avec une tête d’avance sur ses compagnons de vergers . Il nous a donné quatre noix, que nous avons conservé et depuis nous le voyons pousser à vue d’œil chaque année . S’il n’en reste qu’un il sera celui là , toujours plus fort dans le temps , alors que la vie des autres commencera à s’essouffler . Il fait de l’ombre l’été, un endroit ou il fait bon rêvasser au frais , l’hiver il retient ses forces pour à la belle saison s’élever et nous impressionner par sa ressource et sa vitalité , ses allures de vieux sages , la force tranquille déployée . Maintenant qu’il s’est trouvé rien ne pourra l’arrêter .

samedi, avril 19 2008

le divan

C’est la faute du divan . J’étais juste trop confiante ,transportée par un soleil généreux et le ciel bleu, des projets plein la tête et des rêves plein les yeux... -« Je vais bien , je ne sais pas quoi dire de mieux , le sentiment d’avoir repris le contrôle de ma vie et… j’allais presque le dire, d’en avoir fini avec vous … -« alors prête à prendre le risque ? … Mon regard suit le prolongement de sa main et s’arrête sur le divan . Touchée , coulée…la gorge qui se noue, les mots qui restent bloqués . En quoi le fait de m’allonger sur ce divan, peut-il être qualifié de prise de risque ? d’ailleurs je ne suis pas convaincue du bien fondé de la méthode et j’avance très bien en relation de duel . Je continue à argumenter sans le quitter des yeux …ce divan n’en est pas un, il n’est ni plus ni moins qu’un lit, légèrement creusé en son milieu, tapissé d’un velours bordeaux un peu fané rehaussé d’un minuscule coussin recouvert d’un carré de tissu blanc . Ce divan , n’est pas une invitation à la relaxation , il me terrorise trop pour cela . J’ai encore besoin de l’appui d’un regard ,avant l’immersion dans les tréfonds de l’inconnu , territoire vierge parsemé de tous les dangers , dernières couches à défrichées . Dépitée à en pleurer !…

mardi, avril 15 2008

la libre association ...

Passer sans transition du coq à l’âne dans la vie courante est un exercice facile, alors que s’adonner à la même activité entre les quatre murs du cabinet de son psy , devient stratégique . La différence est dans la qualité d’écoute. Dans le premier cas on se sait à peine entendu , dans le second on se sait écouté , et ça suffit à enclencher une guerre dont on devient à la fois instigateur et protagoniste. Il s’agit alors de faire tomber les résistances , les barrières de protection …du territoire protégé de l’inconscient, qui s’érigent au premier signe d’intrusion . J’ai beaucoup de mal à m’accorder une trêve ,à penser abandon … Je suis cramponnée à mes protections , comme un nourrisson au mamelon , question de survie au delà de toute raison , la force de l’imagination ,capable d’ébranler les fondations en faussant ses propres perceptions . Libre association… l’impertinence du retranché à s’exprimer sans autre forme de permission, le coté pile qui vous saute à la face, pour une confrontation ou les deux doivent sortir gagnants , afin de ne former qu’un dans la victoire de l’acquis sur le demeurant, l’ultime signe de rébellion de l’avancé à reculons …

lundi, avril 14 2008

la décision ...

J’ai raccroché les gants une petite semaine . Le temps de laisser refroidir mon ordi. , de reposer mon cortex cérébral droit , celui dont je me sers au quotidien pour rédiger mes petites notes, travailler , échapper à la monotonie et activer son pendant gauche …celui qui ne peut se concentrer que sur une seule chose à la fois …J’ai pris des vacances pour m’occuper de Moi .

Je suis ,

La preuve, l’empreinte de mon pas sur cette plage, la trace de mon passage …

J’existe et je disparais, effacée par une vaguelette inconsciente , un incontrôlable mouvement qui se fiche pas mal de ma recherche existentielle . Entre temps, un souffle, une émotion , la perception d’une création .

J’ai pris une décision, je vais m’installer , selon l’expression consacrée pour définir le passage de la pensée à l’acte concret . J’ai pris ma décision au cours de la conversation que je viens d’avoir avec une amie psychanalyste à qui je confiais mon projet

-tantôt je me sens prête , tantôt je me dis quelle inconscience et quelle présomption , je cours me planter … me planter avec son double sens , me poser et me saborder

-planter également dans le sens de semer , semer ce que tu sais, donc exercer …la psychanalyse est entre la théorie, la pratique et le don , si tu n’exerces pas ce don comme tous les dons , il se retourne contre toi et là tu te plantes…

je me donne un an , 12 mois pour mettre un terme à mes engagements présents et m’engager vers cette autre voie , celle qui m’a choisi avant même que je ne le sache , celle en laquelle je me reconnais pourtant si naturellement .

mardi, avril 8 2008

pause café

Un des meilleurs moments de ma journée est celui de la pause café . L’instant ou l'effluve du pur arabica aromatisé vanille me chatouille les narines et que la seule vision du breuvage fumant appelle au relâchement . Un peu de retard dans le ménage…, une pile de linge qui attend d’être repassé ; hier , le repas qui a brûlé et ce soir msn qui va fumer … encore un peu de mal à m’organiser et quelques difficultés à déléguer , mais peu à peu l’essentiel pactise avec l’ordre des priorités . Je fais partie de ces femmes , qui ont eu du mal à s’autoriser, entre leur rôle de mère et d’épouse…à imposer que leur entier se situe ailleurs que dans la maternité et le rôle de femme au foyer . Il m’aura fallu la sensation physique d’étouffer et la perte complète d’identité , pour entendre que respirer à petites bouffées dans une atmosphère confinée, conduit à l’asphyxie et la mort prématurée . Ensuite, pas question de passer d’aliénation à aliéner , de prison dorée à fausse liberté , juste prendre le temps de se rencontrer, s’écouter et s’acquiescer … Une histoire de balance, d’équilibre à trouver , entre ce que l’on a et ce que l’on veut trouver . Ca passe par des pleurs , des cris , des rebellions et des doutes et puis un jour on réalise que c’est …passé. Que l’on a réussi à être celle que l’on souhaitait , sans cesser d’être aimée et sans que la terre s’arrête pour autant de tourner .

lundi, avril 7 2008

ma lutte contre la "fin"...

Peut-être elle, peut-être pas …

Un chat rode autour de la maison , un chat à demi sauvage ou à moitié rassuré, que mon mari et moi avons aperçu par deux fois , à proximité de « son » local de vie .

Même silhouette, même couleur de pelage, même rapidité à s’esquiver . Si ce n’est pas elle, ça lui ressemble … ou du moins, cela rassemble mon espoir des histoires sans fin . Un jour, Plume nous a quitté pour ne plus revenir , cela remonte à deux ans . Une histoire de défense de territoire entre chien et chat , sanctionnée par une victoire du chien dans un premier temps et peut – être « la revanche »… en plat froid , avec…le retour du chat ! A des degrés différents, cette histoire met l’accent sur la difficulté à faire le deuil , d’un être cher disparu et jamais retrouvé . Quand il flotte quelque part , ce fol espoir d’un retour possible , quand la mémoire vous joue l’air du déjà vu ,avec la certitude du reconnu , et la cruelle déception de l’erreur confirmée . A un degré bien entendu moindre, Plume me manque et ne trouve pas de place dans mes souvenirs, malgré le temps qui passe , Plume est au présent dans ma mémoire . Ce matin, une silhouette furtive a réveillé l’histoire et ranimé l’espoir . Ce matin , c’est avec un vrai enthousiasme , que j’ai bravé la pluie fine et la grisaille du jour pour traverser la cour , préparer le « retour » et shooter une nouvelle fois dans le mot fin... tenté d’éloigner encore un peu, le moment de confrontation avec cette notion de la réalité …

- page 2 de 3 -