racines perdues

A la recherche des racines perdues ... On connaissait la femme tronc , la femme enfant ou tête de linotte … Imaginez un arbre ..sans racines . Première saison , il fleurit ; deuxième il bourgeonne et s’épuise ; troisième il se dessèche et c’est fini . Je suis à l’automne de ma vie et je refuse de finir comme lui . Stop …écoute les sens des mots et des émotions que te dictent ta raison et ton corps et laisse toi conduire à bon port … changement de vie , changement de décors .

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jeudi, avril 24 2008

Premier soleil...

Coté cour , coté jardin…d’un coté l’espace activité , de l’autre le havre de paix et détente des beaux jours . Premier Soleil et fébrilité de changement de saison , réveil et étirements dans la hâte et l’agitation . Premières constatations …l’envahissement de la végétation , l’anarchie dans la prolifération , l’instinct de vie en explosion ! Il va falloir tondre l’herbe qui a repris son ascension , désherber les parterres pour autoriser la floraison , bêcher la terre et s’adonner aux plantations . Quelques pieds de fraises pour la gourmandise , de tomates pour les mélanges de saveur et de fraicheur, un peu de persil pour la couleur, quelques radis pour le grignotage à toute heure … Lessiver à grande eau , la terrasse extérieure , la préparer pour les repas du soir ,à la fraicheur , installer le hamac …pour le repos du rêveur . Dans un assortiment d’arômes , les arbres fruitiers explosent en bouquets de fleurs , le lilas embaume avec lourdeur , les colza alentour effluvent quelques aigreurs . L’horizon aquarelle travaille les nuances , passe du délavé au pigment dans l’abondance . Le silence se meurt, parasité par une éclosion de vitalité et de bonne humeur . Du plus infime au plus dévastateur , à sa mesure , chaque mouvement produit des sons d’agitateurs , du vol d’une abeille, au moteur du tracteur . La tête qui tourne un peu, et comme une difficulté à s’adapter au changement de rythme ,au changement d’heure ; passer du gris à la couleur ; du geste lent , à la vitesse supérieure . Un petit air de Printemps qui arrive juste à temps !…

le hasard

« Ta mère d’où elle est , ne doit pas être étonnée , elle me disait que tu as ce don de l’écoute , du mot juste et de l’analyse en toute circonstance et moi non plus tu vois ça ne m’étonne pas ! la psychologie t’a toujours intéressé , alors je ne peux que te féliciter et t’encourager , suis ta voie … » ...ma tatie adorée .

Je n’avais jamais supposé que ma mère ait pu penser cela de moi , qu’elle m’ait reconnu la moindre qualité , moi qui ai passé autant de temps à attendre un compliment de sa part et espérer lire une once de fierté dans son regard . Et dire que tout cela arrive maintenant , au moment où ça n’a plus la même d’importance , le moment, ou ce choix qui est le mien , je ne le fais que pour moi. La vie est drôlement faite, de choisir ainsi ces moments, d’être avec ou contre vous , douce ou turbulente . C’est Romain Rolland qui a dit que « le hasard sait toujours trouver ceux qui savent s’en servir », personnellement , je pense qu’il faut s’être posée , pour retenir l’attention du hasard et nous permettre de le reconnaître avant de le saisir , tout un processus bien ordonné … Plein de hasards cette année m’ont ouvert les bras et me conduisent pas à pas vers mon ailleurs . La somme du vécu ajouté de toutes ces années passées , transformée en destinée …

Alors merci à tous, ceux qui êtes , ou avez été et demeurez, à qui je dois d’être celle ,vers laquelle je vais !

dimanche, avril 20 2008

derrière chez moi, y'a un noyer ...

En l’espace d’un an ma vie a changé . Passé, présent , amis, projets. Comme un arbre… le temps de trouver sa terre et son ciel avant de démarrer . Derrière chez moi, croit un phénomène , un noyer qui s’est offert le luxe de démarrer d’une noix, d’une coque germée . Petit ,chétif, à végéter pendant des années, à se faire dépasser par tous les copains arbres fruitiers , à se faire oublier et moquer , jusqu’à se voir menacé d’être supprimé … c’est alors qu’un printemps, il nous a semblé deviner quelque chose de changé, là, au milieu de la pelouse entre le boulot et le pêcher . Un arbre était né, fier et vigoureux et abordait la belle saison avec une tête d’avance sur ses compagnons de vergers . Il nous a donné quatre noix, que nous avons conservé et depuis nous le voyons pousser à vue d’œil chaque année . S’il n’en reste qu’un il sera celui là , toujours plus fort dans le temps , alors que la vie des autres commencera à s’essouffler . Il fait de l’ombre l’été, un endroit ou il fait bon rêvasser au frais , l’hiver il retient ses forces pour à la belle saison s’élever et nous impressionner par sa ressource et sa vitalité , ses allures de vieux sages , la force tranquille déployée . Maintenant qu’il s’est trouvé rien ne pourra l’arrêter .

lundi, avril 14 2008

la décision ...

J’ai raccroché les gants une petite semaine . Le temps de laisser refroidir mon ordi. , de reposer mon cortex cérébral droit , celui dont je me sers au quotidien pour rédiger mes petites notes, travailler , échapper à la monotonie et activer son pendant gauche …celui qui ne peut se concentrer que sur une seule chose à la fois …J’ai pris des vacances pour m’occuper de Moi .

Je suis ,

La preuve, l’empreinte de mon pas sur cette plage, la trace de mon passage …

J’existe et je disparais, effacée par une vaguelette inconsciente , un incontrôlable mouvement qui se fiche pas mal de ma recherche existentielle . Entre temps, un souffle, une émotion , la perception d’une création .

J’ai pris une décision, je vais m’installer , selon l’expression consacrée pour définir le passage de la pensée à l’acte concret . J’ai pris ma décision au cours de la conversation que je viens d’avoir avec une amie psychanalyste à qui je confiais mon projet

-tantôt je me sens prête , tantôt je me dis quelle inconscience et quelle présomption , je cours me planter … me planter avec son double sens , me poser et me saborder

-planter également dans le sens de semer , semer ce que tu sais, donc exercer …la psychanalyse est entre la théorie, la pratique et le don , si tu n’exerces pas ce don comme tous les dons , il se retourne contre toi et là tu te plantes…

je me donne un an , 12 mois pour mettre un terme à mes engagements présents et m’engager vers cette autre voie , celle qui m’a choisi avant même que je ne le sache , celle en laquelle je me reconnais pourtant si naturellement .

mardi, avril 8 2008

pause café

Un des meilleurs moments de ma journée est celui de la pause café . L’instant ou l'effluve du pur arabica aromatisé vanille me chatouille les narines et que la seule vision du breuvage fumant appelle au relâchement . Un peu de retard dans le ménage…, une pile de linge qui attend d’être repassé ; hier , le repas qui a brûlé et ce soir msn qui va fumer … encore un peu de mal à m’organiser et quelques difficultés à déléguer , mais peu à peu l’essentiel pactise avec l’ordre des priorités . Je fais partie de ces femmes , qui ont eu du mal à s’autoriser, entre leur rôle de mère et d’épouse…à imposer que leur entier se situe ailleurs que dans la maternité et le rôle de femme au foyer . Il m’aura fallu la sensation physique d’étouffer et la perte complète d’identité , pour entendre que respirer à petites bouffées dans une atmosphère confinée, conduit à l’asphyxie et la mort prématurée . Ensuite, pas question de passer d’aliénation à aliéner , de prison dorée à fausse liberté , juste prendre le temps de se rencontrer, s’écouter et s’acquiescer … Une histoire de balance, d’équilibre à trouver , entre ce que l’on a et ce que l’on veut trouver . Ca passe par des pleurs , des cris , des rebellions et des doutes et puis un jour on réalise que c’est …passé. Que l’on a réussi à être celle que l’on souhaitait , sans cesser d’être aimée et sans que la terre s’arrête pour autant de tourner .

lundi, avril 7 2008

ma lutte contre la "fin"...

Peut-être elle, peut-être pas …

Un chat rode autour de la maison , un chat à demi sauvage ou à moitié rassuré, que mon mari et moi avons aperçu par deux fois , à proximité de « son » local de vie .

Même silhouette, même couleur de pelage, même rapidité à s’esquiver . Si ce n’est pas elle, ça lui ressemble … ou du moins, cela rassemble mon espoir des histoires sans fin . Un jour, Plume nous a quitté pour ne plus revenir , cela remonte à deux ans . Une histoire de défense de territoire entre chien et chat , sanctionnée par une victoire du chien dans un premier temps et peut – être « la revanche »… en plat froid , avec…le retour du chat ! A des degrés différents, cette histoire met l’accent sur la difficulté à faire le deuil , d’un être cher disparu et jamais retrouvé . Quand il flotte quelque part , ce fol espoir d’un retour possible , quand la mémoire vous joue l’air du déjà vu ,avec la certitude du reconnu , et la cruelle déception de l’erreur confirmée . A un degré bien entendu moindre, Plume me manque et ne trouve pas de place dans mes souvenirs, malgré le temps qui passe , Plume est au présent dans ma mémoire . Ce matin, une silhouette furtive a réveillé l’histoire et ranimé l’espoir . Ce matin , c’est avec un vrai enthousiasme , que j’ai bravé la pluie fine et la grisaille du jour pour traverser la cour , préparer le « retour » et shooter une nouvelle fois dans le mot fin... tenté d’éloigner encore un peu, le moment de confrontation avec cette notion de la réalité …

dimanche, avril 6 2008

trop tôt , trop prématuré ...

Je l’ai lu …sans reprendre mon souffle, la gorge serrée , les yeux mouillés …un récit court et vite ficelé, un cri , un premier jet . La vie des autres je connais, j’en lis , j’en écris , j’en écoute toute une journée , avec attention et intérêt certes, mais dans le respect des distances de sécurité …

J’ai tout faux, je n’ai pas su renifler le danger , ou plus exactement , je me suis crue plus maligne que je ne le suis . Je me suis engouffrée dans ce récit sans méfiance et le piège s’est refermé…

Leçon numéro un , si réticence il y a, l’écouter, l’hésitation est souvent mère de sureté face au danger…leçon numéro deux , ne pas déroger aux règles imposées par ses propres limites , se sentir trop impliqué nuit à l’efficacité , leçon numéro trois, être clair avec soi, pour l’être avec les autres…

Je ne peux rien pour ce récit, je ne peux rien pour cette amie , qui m’a fait confiance, en me faisant le cadeau d’une partie de sa vie …il va falloir que j’ai l’honnêteté et que je trouve le courage , de lui annoncer que je la laisse tomber . Que je ne suis pas à la hauteur de la mission qu’elle souhaitait me confier .

Ce livre… son bébé , n’est pas prêt à voir le jour … trop tôt , trop prématuré , le faire naitre là maintenant , serait signer son arrêt de mort… donner naissance à un enfant mort- né .

Elle n’a pas fini de souffrir , de son histoire , voilà ce que je vais devoir lui annoncer… Vomir ne guérit pas automatiquement de la nausée… et même si l’on est toujours pressé d’aller mieux , plus lourd est l’ingéré, plus de temps faut-il pour le digérer .

Son ressenti je le connais partiellement, son histoire me parle et je comprends…nous sommes des millions à travers le monde à en partager le secret , à avoir souhaité où réussi à l’exprimer , à mots couverts ou plus osés . Je la sais plus forte que moi, plus déterminée , et pourtant là , je la sens en danger …

Aujourd’hui , je vais sans doute faire mal par respect et amitié , fermer une fenêtre…claquer au nez une porte , sur un espoir de liberté et j’en ai les tripes nouées…

samedi, avril 5 2008

un gout de liberté...

j’ai deux enfants une fille de 18 et un garçon de 16 ans . Je crois qu’avec eux , j’ai un coté mère juive, à la fois casse pieds et rassurant … coups de gueule et bons sentiments . J’ai du mal à les voir devenir grands et il me semble que je resterai toujours leur… Maman . Celle qui répondra présent à chaque instant , qui se réjouira de leurs bons moments et souffrira de leurs tourments . A eux aussi je dois d’avoir appris l’attachement . Il m’ont aidé à grandir et regarder droit devant , A réaliser tout ce que j’avais de bon en dedans , à donner et recevoir autant . Je leur dois fous rires , tendresse et complicité , je leur dois aussi de me faire rêver . Je les imagine là ou je ne suis jamais allée, en les voyant démarrer de là ou je suis arrivée . Je les attends également , à me reprocher mes erreurs , mes trop et mes pas assez , en leur souhaitant meilleures réussites en dignes transmetteurs de lignée . Bref, je n’ai pas le sentiment de m’être si mal débrouillée. Ils sont certainement l’œuvre dont je tire le plus de fierté et la seule que je ne signerai pas du sceau de la propriété . Donner la vie n’autorise pas à en disposer , juste à être là pour la protéger , l'accompagner et donner l'envie de gouter à la liberté ...

jeudi, avril 3 2008

absent

Imaginez un père …absent , qui ne vous a jamais accordé ni intérêt , ni attention, avec qui vous n’avez jamais porté le même regard sur quoi que ce soit , ni partagé la moindre émotion . Imaginez votre père …qui se réveille en sautant une génération , et devient le grand-père parfait ! le champion de la coalition , le génie de l’usurpation , l’as de la manipulation ! Me voilà jalouse de mes propres enfants ! … incapable d’en appeler à la raison en prenant simplement acte de la situation , sans parler d’acquiescer à la rédemption . Toujours en proie à la même interrogation , capituler ,céder à la rébellion ou tenter de trouver une solution ?

On ne décide pas par enchantement de devenir parent , on ne le devient pas non plus au premier cri de l’enfant . Sornettes je crois que de penser autrement . Cela vient jour après jour, très lentement… dans l’ échange régulier d’une multitude d’ingrédients indispensables à la fabrication du ciment , cet attachement, ce lien indissoluble qui va vous relier à ce petit être dépendant , qui peu à peu deviendra votre enfant .

J’aurais préféré une adoption réussie à un père de sang absent . Un florilège de sentiments à des biens légués par testaments . j’aurais souhaité un père différent. Un père qui n’attende pas que je devienne à mon tour parent pour se manifester, s’interposer entre moi et mes enfants et prendre une place au premier rang . Juste un père qui, m’aime autrement …

mercredi, mars 26 2008

apatride

Si le hasard ne m’avait pas fait croiser le chemin d’un autre déraciné, j’en serais toujours à errer . A chercher et m’inventer d’autres vies, sous de cieux différents , à chercher une terre d’accueil entre deux levées de camp. Peut-être aurais je bien vécu ainsi , avec mon âme de gitan, ma multitude de talents et mon aptitude à l’évitement .

Je me suis posée , j’ai fait des enfants , pris le temps de les voir devenir grands et voilà que maintenant je réalise ce qui m’a manqué...des racines et un mélange de chaleur et multis –éléments, pour m’élever ,braver les tempêtes et le temps .

J’habite dans le vent une maison plantée sur une colline, avec rien derrière et rien devant ...,juste un horizon qui s’étire à perte de vue , un écran géant où se projete la parade des quatre saisons ...à coté d’un arbre, source de toutes mes inspirations , un majestueux et tortueux , un donneur de leçons .

Naitre d’un pépin et devenir trublion, susciter les querelles et l’admiration ...

Sans doute la raison pour laquelle , je tente de me planter là depuis 20 ans . Sa force m’accompagne ,sa présence me rassure et attentive au moindre de ses chuchotements , j’apprends l’attachement .

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