racines perdues

A la recherche des racines perdues ... On connaissait la femme tronc , la femme enfant ou tête de linotte … Imaginez un arbre ..sans racines . Première saison , il fleurit ; deuxième il bourgeonne et s’épuise ; troisième il se dessèche et c’est fini . Je suis à l’automne de ma vie et je refuse de finir comme lui . Stop …écoute les sens des mots et des émotions que te dictent ta raison et ton corps et laisse toi conduire à bon port … changement de vie , changement de décors .

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A la recherche des racines perdues ...

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lundi, mars 24 2008

job : scribouilleuse ...

Quoi de plus ingrat qu’un livre ?

A peine terminé son écriture , il a cessé de vous appartenir. Il part vivre sa vie et vous abandonne à votre névrose d’abandon . Tel l’enfant prodigue, vous n’aurez , alors de cesse, de craindre pour son devenir.

Votre rejeton , ignore tout de la vie ,des pièges à éviter, des mauvaises rencontres, du sort qui va lui être infligé .

On lui a fait croire durant toute la période de sa gestation, qu’il était le meilleur , qu’il était sans doute promu à un bel avenir et du jour au lendemain , avant que vous ayez eu le temps de le préparer à l’hypothèse d’une désillusion , pfutt , déjà il n’est plus là…

Il ne sait pas qu'au mieux il sera critiqué, modifié, transformé ; qu’il risque de subir des interventions douloureuses , jusqu’à l’amputation de cette partie de lui qui constituait toute son originalité.

Il ne sait rien .

Il est encore un bébé.

Trop pressé de bruler les étapes pour tenir ses promesses et briguer l‘engouement d’un public auquel il se croit destiné.

J’ai honte , en génitrice indigne , de m’être un temps laissée emballer , jusqu’à l’entraîner dans ma folie .

La meilleure façon de le protéger, est probablement de l’enfermer. Il n’y survivrait pas , et vous non plus . La réalité est ainsi , la vocation d’un livre est de vivre sa vie. Et sans doute vaut-il mieux ne pas trop réfléchir. Quand il est trop tard ,il est trop tard.*

Vous avez fait de votre mieux , pour qu’il soit bien bâti , qu’il constitue un ensemble cohérent, entre force tendresse et humour . Vous avez sans doute donné le meilleur de vous même , alors il ne reste qu’une chose à faire , le l-â-c-h-e-r !

Certains auteurs, après avoir mené leur progéniture à terme , éprouvent du soulagement . Une forme de jubilation, inspirée par la légitime satisfaction de la tache bien conduite, confortée dans leur tranquillité, par le soutien prodigué par un environnement bienveillant .

Pour d’autres, c’est dans l’isolement et l’incertitude la plus totale , que va se dérouler cette période d’après accouchement, dont tout le monde sait qu’elle est souvent délicate à traverser.

Quelque soit la façon d’aborder sa convalescence, il n’en prévale aucune à la prétention d’un meilleur résultat final . Il a été reconnu autant de bienheureux aux lendemains qui déchantent, que de sombres visionnaires éblouis par un succès qu’ils n’attendaient pas .

Certains compulsifs pensent déjà à leur œuvre suivante . Une façon comme une autre de combler la sensation de vide , laissée par le départ de son enfant, cette partie de soi… Ils sont pris d’une frénésie pathétique et se jettent à corps perdus dans l'élaboration d’un nouveau projet, encore plus grand , plus beau …Ne leur parlez, surtout pas du précédent, du tout juste achevé ; ils feront mine de l’avoir déjà oublié , avec cette pointe d’agacement révélatrice d’une forme d’angoisse qu’il ne reconnaitront jamais . Il faut l’avoir vécu. Il ne sert à rien de dénigrer.

Chacun se débrouille comme il peut pour encaisser au mieux son après… Les hypers anxieux , sont agaçants. Ceux qui sont persuadés , qu’ils sont incapables de mieux . Qu’ils ne parviendront jamais à égaler , en qualité, l’inspiration prolifique dont ils ont bénéficié précédemment . Ils pensent avoir joui d’un état de grâce unique , dont ils ont épuisé les réserves . Ils s’imaginent , en panne sèche , confrontés à jamais au spectre de la feuille blanche , ce qui les conduit à un état de dépression proche de l’auto- destruction. Cela ne devrait pas exister. Peut-être ne leur a- t -il jamais été suggéré de se reconvertir , je ne sais pas moi, en chasseur de papillons…

Les « professionnels » ,s’accordent quand à eux ,une récréation bien méritée . Ce temps qu’il va falloir consacrer à se faire pardonner , tous les excès, et les sacrifices consentis par un entourage compréhensif et indulgent . Ecrire n’est pas toujours un passe-temps, une futile activité destinée à se détendre après une journée longue et fastidieuse, ou à oublier, les petits et grand soucis quotidiens.

Ecrire , peut-être un métier ! générer du stress, de la fatigue et du surmenage, exiger une rigueur autour des horaires , du temps ,des conditions de travail et tout cela dans la perspective incertaine d’un résultat à la hauteur de l’investissement.

Et ces vrais amoureux des lettres… J’ai une tendresse toute particulière pour cette catégorie d’auteurs. Qu’ils soient éclairés où pas, ce sont des passionnés. Ils affectionnent la matière, choisissent avec soin leur papier , leur stylo . Ils ont l’amour des mots aussi bien lus, qu’écris et souvent ils se cachent pour se livrer à leur penchant inavouable ,dans une aura de mystère. Ils se laissent porter par leur développement, s’attachent à leurs personnages, et ne parviennent pas à les quitter , au bout d’un temps raisonnable . Ils se perdent dans des romans fleuves inaccessible au profane . De longues histoires qui resteront les leurs ….pour l’y avoir laissé une partie de leur âme. Ils porteront leur objet précieux jusqu’au bout de sa destinée. Ils choisiront pour lui, le papier de qualité , le plus joli caractère , et le meilleur cartonnage pour la couverture. Ils suivront de prêt sa transformation , et cèderont à l’ émotion lorsqu’il leur reviendra sous sa forme définitive , en costume d’apparat , prêt pour son intronisation dans la postérité familiale, en place d’honneur dans la bibliothèque des ancêtres aux cotés de Balzac et Victor Hugo.

Et puis il y a moi , scribouilleuse à temps plein, plus ou moins inspirée de chacun de mes étalons référentiels , toujours en quête d’inspiration. L’estomac vide, plantée devant un frigo vide , le regard vide…la tête…vide ;après deux jours non stop d’activité acharnée , pour mettre un terme à trois semaines d’ermitage forcé , la condition drastique obligatoire pour arriver à mes fins.

Vous savez à quoi l’on reconnait un scribouilleur entre deux ? à cette façon qu’il a de déambuler , le nez au vent , l’oreille à l’affut du tout et du rien qui feront l’étoffe d’un prochain roman .

Le scribouilleur n’est jamais complètement au repos , il a toujours un petit carnet et un crayon sur lui ; pour noter une idée, une phrase ,ou un mot. Il s’imprègne des ambiances et des personnalités , il a le flair pour renifler les situations d’exception.

Le scribouilleur est souvent un être paresseux de nature, qui se plait plus à rêver, qu’à travailler. Enfin moi, je suis comme cela . Pour une heure d’écriture, j’en passe souvent le double , à papillonner , à laisser mon esprit s’évader ; c’est la raison pour laquelle je me contrains à un rythme régulier de travail dans des conditions particulières d’isolement . Si je veux me donner une chance d’aboutir , je dois en passer par là.

Je suis mon propre mentor . Je me connais par cœur. Je sais ce que je suis en droit d’exiger de moi et en quelles circonstances. J’analyse les raisons de mes jours avec et de mes jours sans, je sais quand il me faut insister, où quand il est inutile de m’obstiner . Il m’arrive d’aller trop mal. Je suis incapable de production dans la douleur. Certains au contraire, puisent leur inspiration , dans l’ état transcendé par la souffrance .

Quand j’ai mal, je pleure. Je pleure quand ma mère me manque cruellement . Quand je suis dans l’incapacité d’exprimer autrement une émotion... Ces jours là , il me vaut mieux ne pas prévoir d’objectif, quitte les jours suivants mettre les bouchées doubles pour rester dans le tempo. L’écriture c’est comme la musique. Elle doit trouver son rythme , et tenir la cadence, pour gagner en fluidité …l’écriture c’est comme la musique il faut avoir l’esprit libre pour l’écouter .

En fait, écrire demande une grande rigueur ...

J’ai décidé toute petite de devenir écrivain , le jour ou une copine de classe s’est trompée, en inscrivant mon nom à la place de celui de l’auteur, sur la jaquette d’un livre de bibliothèque, dont je n’étais que le prêteur . Il s’agissait du Grand Meaulne, cela m’a rempli de fierté. J’ai trouvé tellement magnifique de voir figurer mon nom à cet emplacement, que je n’ai pas eu le cœur de signaler l’erreur. Pour une année scolaire entière, j’ai volé à Alain Fournier , la « paternité » de son œuvre. Je ne pense pas qu’il m’en ai tenu rigueur . Pour moi, ce fut une révélation. Je serais écrivain ,rien que pour éprouver ce petit pincement au cœur en voyant mon nom s’étaler sur la couverture d’un livre. Maintenant avec les ordinateurs ,il est facile de se faire une idée de l’ensemble de son travail , avant la remise de la première épreuve de l’imprimeur . Mais rien n’a remplacé le bonheur intact de tenir son livre entre ses mains pour la première fois, et de le re-découvrir, en commençant par lire son nom avant le titre .

Mon premier roman a vu le jour, j’avais neuf ans . Je l’ai porté fièrement à ma mère, persuadée qu’il me vaudrait ses éloges et ses encouragements . Elle l’a lu très attentivement et me l’a rendu en soulignant -« c’est bourré de fautes d’orthographe et puis ce n’est pas très long dis- moi pour un roman … J’ai senti le rouge me monter aux joues . Je venais de perdre toute crédibilité aux yeux de ma mère, concernant ma vocation d’écrivain . Je n’avais probablement aucun talent et j’ai éprouvé une telle honte, que je me suis promis de ne plus jamais provoquer une situation aussi humiliante. Je voyais toutes mes prétentions annihilées par un problème d’orthographe, et c’était sans solution . Quand à la taille de mon récit , elle avait raison , je n’étais pas à la hauteur. Je n’ai pas cessé d’écrire pour autant , j’ai continué à le faire mais avec plus de discrétion et de modestie … Ce gout pour l ‘écriture , n'aura jamais été un élément suffisamment convaincant aux regard de mes parents , pour me permettre d’ espérer un quelconque soutien de leur part . Ce fut presque le contraire . Et ce qui les amusa au départ , ne tarda pas à se transformer en véritable chasse aux sorcières . Il me fallut faire preuve de plus en plus d’ingéniosité, pour assouvir ma passion ; et mes parents de discrétion , pour la déjouer. L’heure des devoirs était le moment idéal , pour ne pas éveiller les soupçons .Je passais ainsi, des heures à ma table de travail, sans être inquiétée. Des heures à rêvasser, à écrire des histoires , au lieu d’apprendre mes leçons ,et réfléchir sur des problèmes de calcul dont je me fichais éperdument . Jusqu’au jour où ma mère découvrit le subterfuge . Je fus tellement surprise de sentir sa présence au dessus de mon épaule , que j’en perdis tous mes moyens , ce qui me trahie instantanément. Sa colère fut à la mesure de sa déconvenue. Elle s’empara des quelques feuillets qui trainaient sur mon buvard et les réduisit en miettes, sous mes yeux effarés . Je fus punie, ce qui me sembla légitime. Punie pour avoir préféré le rêve et l’écriture , au calcul et à la géographie. Ecrire, dans la transgression de l’interdit avait quelque chose d’excitant , un plaisir qui m’emplissait de honte et m’obligeait au secret. Mes parents n’étaient pas des monstres, ils voulaient le meilleur pour moi, et le meilleur ne semblait pas consister à perdre son temps en griffonnage au lieu d’effectuer son travail de classe . Pourtant, je n’étais bonne à rien d’autre . Il n’a pas fallu longtemps pour s’en rendre compte. Il suffisait d’éplucher mon carnet de notes, pour réaliser à quel point ma cervelle était cloisonnée , première en rédaction, dernière en calcul et en leçons ; suffisamment édifiant non ?

Je déteste ce moment ou il me faut abandonner un roman. Ce moment ou je dois bien admettre qu’il est inutile de continuer à apporter des modifications , que je suis entrain de tout gâcher. J’entends une petite voix qui me dit « c’est fini ».Et je me sens orpheline . Seule et abandonnée ,sont des sentiments qui m’envahissent régulièrement. A chaque fois que je suis à coté, au lieu d’être dedans . A chaque fois que je me sens en manque .

Ma mère me manque . Elle m’a manqué bien avant de disparaitre matériellement. Tout ce temps ou la maladie l’a grignoté, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une ombre d’elle même. Cette période si longue et courte à la fois , ou je me suis accrochée de toutes mes forces à l’illusion du son intacte de sa voix , pour retenir le souvenir d’une image en train de s’ effacer. Je ne sais presque rien de ma mère. Je pourrais tout inventer. Elle était magnifique. Elle irradiait . Qui s’approchait trop près se brulait . Je n’ai pas su trouver la bonne distance . Je me suis consumée à ses cotés. Elle m’a aimé ,désaimé , mal aimé …. Je la vénérais . Elle était belle , intelligente ,parfaite . C’est difficile de briller à coté d’un soleil. J ‘ai dû réaliser que je n’y arriverai pas . Alors, j’ai cessé de grandir . J’ai décidé de rester sa petite fille .Celle qui buvait ses paroles, suivait ses conseils , et ne jurait que par elle à son corps défendant .Sans doute pour cela que je l’ai tellement détesté, quand elle est partie, quand elle m’a abandonné et m’a définitivement laissé …orpheline.

Pendant des mois, je n’ai rien pu produire d’autre que des larmes . J’ai cru que je ne pourrai plus écrire , remplie de trop de peine . J’ai cru que j’allais disparaitre, comme elle . Je ne voulais pas mourir , juste je ne savais plus comment faire pour vivre . Je pensais être tarie . J’avais perdu le gout des mots . Entre deux sanglots, et deux crises d’abattement, il m’arrivait de vomir quelques phrases , petits textes décousus à l’image de ce que j’étais devenue, mais le plaisir avait disparu. Je me suis habituée au silence , mais pas à l’absence. Je me suis habituée aux journées vide de toute attente, aux nuits sans sommeil, au temps qui passe et qui ne soulage pas. A l’entourage , qui fait semblant de ne rien voir . Trahie par les mots … prisonnière de l’ineffable ; pas moins d’une année d’errance, emmurée vivante … L’apaisement est venu, avec le temps et le pouvoir de la parole qui délivre et guérit de soi . J’ai renoué avec les mots par l’intermédiaire de la parole. Ces heures de paroles destinées à évacuer le trop de douleur jusqu’à ce que petit à petit , vivre reprenne du sens Sans vraiment m’en apercevoir , j’ai retrouvé le plaisir d’écrire. J’ai réalisé qu’il ne m’avait jamais quitté. C’est moi qui avait oublié ce qu’était la notion de plaisir . J’ai rassemblé mes notes. Je les ai dédié aux deux femmes qui me les ont inspiré . Celle dont la disparition a failli me briser et celle à qui je dois de m’être retrouvée.. Un jour, quand je le sentirai, je les confirais à un éditeur, ou peut-être pas…

(Pum' alias ptiloup ... )

samedi, mars 22 2008

A la recherce des racines perdues ...

A la recherche des racines perdues

On connaissait la femme tronc , la femme enfant ou tête de linotte … Imaginez un arbre ..sans racines . Première saison , il fleurit ; deuxième il bourgeonne et s’épuise ; troisième il se dessèche et c’est fini . Je suis à l’automne de ma vie et je refuse de finir comme lui .

Stop …écoute les sens des mots et des émotions que te dictent ton corps , et laisse toi conduire à bon port …

...Ma mère me manque, autant qu’elle manque à son mari, ses amis , ses petits enfants . En partant ,elle nous a laissé pantelant , lesté d’un grand vide, un blanc . Les saisons se succèdent , un an ,deux ans ; entre retours en arrière et bonds en avant . Au fil du temps, illusions, déceptions tempêtes et gros vent… Ne reste plus que l’important … la douleur en dedans …

...J’ai présent en mémoire la séance d’hier ... séance champêtre , autour de l’arbre …ribambelle de mots indisciplinés , expression d’ailleurs, message codé venus de l’intérieur .

Une branche qui casse dans les pleurs , chute vertige et haut le cœur …petit oiseau seul à transcender la peur …

'je me suis plantée...' et si elle tenait en une phrase , mon histoire ? un mauvais départ , une erreur … un leurre ...

..J’ai le sentiment de vivre une vie petite et étriquée , avec pour seule préoccupation, MOI et cette recherche incessante d’un mieux être. Me manque trop…trop incomplète.

Et depuis quelque temps en plus, comme un turbo dans la tête . Insomnie , vertiges migraines , fatigue …avis de tempête . Je connais par cœur le faire face aux intempéries et le paraitre, je connais par cœur l’oubli jusqu’au disparaitre . Mais relever la tête , me faire entendre et reconnaitre , voilà qui est nouveau , un peu hésitant et qui a du mal à s’imposer …à naitre .